Célébration du mois de sensibilisation aux agressions sexuelles

AGIR Outaouais
31 mai 2021
Mois de sensibilisation aux agressions sexuelles

Alors que le mois de mai tire à sa fin, et que le Québec vit un des printemps les plus anticipés de son histoire, le mois de sensibilisation aux agressions sexuelles est passé inaperçu au Québec. Les femmes, personnes non-binaires et hommes s’apprêtent à reprendre leurs relations, et on se demande si ces mois de réflexions, d’indignation et d’éducation ont menés à des changements dans nos comportements.

Le Québec a connu, l’été dernier, une autre vague de dénonciations des agressions sexuelles, et cet hiver, une indignation profonde devant les très nombreux féminicides commis dans des contextes de violence conjugale. Selon le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RCCALACS), une femme sur trois aurait été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans et un homme sur six sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie. Ainsi, alors que tout le monde est touché, de près ou de loin par les agressions sexuelles, seulement 10% de celles-ci sont déclarées à la police et une agression sexuelle déclarée à la police sur dix donne lieu à une déclaration de culpabilité (Statistique Canada).

Or, le changement que nous vivons est profond et porteur de changement. Dénoncer les agressions sexuelles permet de remédier à l’acceptation sociale du phénomène. En effet, les prises de paroles, les témoignages, les nombreux procès et articles dans les journaux ont portés, pour la majorité, une position commune : violer est inacceptable. Ça semble banal, dit ainsi, nous pourrions croire que nous le savions déjà, mais au contraire, à force de protéger nos agresseurs, nous leur donnions la permission de continuer à agir ainsi, sans faire face à la justice, sociale ou légale.

Cette énergie de nouveauté et de changement, nous pouvons la canaliser dans des gestes transformateurs au quotidien, qui ont la portée et le potentiel de changer grandement le portrait de la violence sexuelle au Québec. Commençons par reconnaître le mois de prévention des agressions sexuelles. Éduquons, largement et ouvertement, à des relations sexuelles basées sur le consentement, qui permettront une prévention des violences sexuelles. Participons à co-construire une société égalitaire, et par le fait même, déconstruire les comportements qui perpétuent la culture du viol. Ensemble, créons une communauté qui soutiendra ses victimes et dénoncera ses agresseurs, pour rappeler encore et encore que les violences sexuelles sont inacceptables.

N’oubliez pas que des ressources existent, ici, en Outaouais, dont la mission est de venir en aide aux personnes ayant vécu ou ayant été auteurs de violences sexuelles.

CALAS de l’Outaouais pour les personnes ayant vécu des agressions sexuelles.

CALACS de Maniwaki pour les personnes ayant vécu des agressions sexuelles.

CIASF pour soutenir toute personne confrontée à l’abus sexuel d’enfants en Outaouais.

MEN & HEALING pour aider les hommes à vivre plus heureusement et en santé.

CRI PHASE pour les hommes abusés sexuellement dans leur enfance.

 

 

Isabelle Cousineau
Chargée de projet et des communications
AGIR Outaouais