Appel d’AGIR : Projet de loi 60

À l’ouverture de la commission parlementaire portant sur le projet de Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement, l’Assemblée des groupes de femmes d’interventions régionales (AGIR) appelle la population québécoise à la solidarité. Elle invite toutes les Québécoises et les Québécois et particulièrement les Outaouaises et les Outaouais à s’informer, se documenter et débattre dans un esprit d’ouverture et dans le respect et à contribuer sereinement et de  manière constructive à ce débat.

L’Assemblée des groupes de femmes d’interventions régionales (AGIR) est un organisme de défense collective des droits des femmes dont les  actions et les analyses des différents enjeux visent une plus grande justice sociale. AGIR adhère aux valeurs de la charte mondiale des femmes pour l’humanité fondées sur l’égalité, la liberté la solidarité la justice et la paix en s’engageant à construire un  monde où l’exploitation, l’oppression, l’intolérance et les exclusions n’existent plus, où l’intégrité, la diversité, les droits et libertés de toutes et de tous sont respectés.

AGIR est pour la laïcité de l’état et le rejet de tous les fondamentalismes religieux en prenant soin de ne pas bafouer le droit des femmes en passant. Par  laïcité de l’état elle entend la séparation de la société civile et de la société religieuse, l’État n’exerçant aucun pouvoir religieux et les institutions religieuses aucun pouvoir politique.

Dans le débat sur cette Charte, AGIR s’oppose  à l’articulation d’un discours axé autour de la crainte de l’autre selon laquelle la diversité culturelle apportée par les communautés culturelles nouvellement arrivées ou installées depuis longtemps au Québec, pourrait compromettre la cohésion collective et menacer l’identité québécoise.  Elle s’oppose à l’utilisation du discours féministe sur l’égalité des sexes pour justifier un discours hostile envers la population immigrante, pour diviser les femmes et la population québécoise. AGIR s’oppose à tout autre facteur d’exclusion sociale susceptible de favoriser des phénomènes de ghettoïsation défavorables aux femmes et qui serait, par conséquent, contraire au principe d’égalité entre les femmes et les hommes.